La Bacchanale : l'art d'oser
Je suis une amoureuse de la musique électronique. Surtout si celle-ci est démocratique. En avril dernier, j’expérimentais pour la première fois une soirée orchestrée par le collectif La Bacchanale qui a vu le jour en septembre 2012. Coup de cœur. Par la suite, mon envie de connaître les cerveaux derrière ce groupe est devenue une évidence.
Et par un après-midi gris, j’ai rencontré Martin, l’un de co-fondateur de la Bacchanale. Il m’a raconté une histoire débutant de manière très aléatoire et banale. Des amis, un anniversaire et une soirée réunissant plus d’une centaine de personnes. Pour eux, se lancer dans ce projet d’entreprenariat était un risque. Deux ans plus tard, le risque est toujours là, mais les belles histoires aussi.
La Bacchanale
La Bacchanale se définit comme un esprit, me dit Martin. Voulant aller contre la culture de l’impersonnel qui sévit dans la traditionnelle boite de nuit, leur crédo est de fournir une expérience interactive et immersive autour de valeurs qui leur tiennent à cœur : liberté, égalité et le respect de chacun autour d’un seul amour : la musique électronique. Ils veulent créer une communauté qui prendrait ses aises dans une atmosphère partagée appréciant l’art sous toutes ses formes.
L’accompagnement visuel est un élément crucial et participe à l’image non conformiste du groupe. Plusieurs endroits à Montréal ont été pris d’assaut par l’imaginaire de leurs invités (Fonderie Darling, le feu Kanal Bar, le Club soda…). On se rappellera d’Immersion où le Théâtre Telus est devenue une forêt (une vraie de vraie !). Bientôt, la SAT ne sera pas en reste avec leur nouveau projet NOX qui se tiendra le 28 juin prochain.
Le processus créatif est à même d’exploser dans des salles underground et leur rêve tend à ça : donner vie à un endroit inusité, se l’approprier entièrement et le transformer en un voyage effervescent d’une dizaine d’heure : Un festival le temps d’une soirée. Toujours et encore leur ligne directrice. Le nightlife montréalais a besoin de jeunes esprits comme ceux-ci et ils s’y installent tranquillement, mais sûrement. Sans être naïfs, ils savent que c’est un chemin arbitraire mais leur désir de faire découvrir de nouveaux artistes (locaux ou internationaux), ce souci de cohérence dans leur line-up personnalisé à chaque soirée, donne à La Bacchanale le droit d’aspirer à une place dans le milieu. De défoncer des portes, me lance Martin, à l’image de Bacha, leur effigie à tête d’éléphant.
Aujourd’hui, ils sont cinq à s’investir dans « ce mode de vie » : les co-fondateurs Martin et Victor, Adrien qui s’occupe de la conceptualisation et du booking, François à la production et Jérôme qui traite des aspects techniques du marketing. Belle petite famille.
Une expérience à la Bacchanale est une évasion, un moment hors du temps et de l’espace où l’on a vraiment l’impression de participer à quelque chose de beau et de censé. « C’est tout oublier pendant quelques heures » – Martin L.
« Ce que l’on crée est fait avec les mains et le cœur. »
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