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Culture et créativité

Un univers visuel et sonore pour le début du Printemps numérique

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Un univers visuel et sonore pour le début du Printemps numérique
Un univers visuel et sonore pour le début du Printemps numérique

18 juin 2026

4 minutes de lecture

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Printemps Numérique

Le 20 mars dernier, au Musée d’art contemporain de Montréal (MAC), a eu lieu le lancement officiel de la programmation 2014 du Printemps numérique en présence des partenaires et des créateurs du milieu des arts numériques.

À cette occasion, la Conférence régionale des élus (CRÉ) de Montréal a demandé à l’artiste visuel Jérôme Delapierre de réaliser une projection immersive et interactive dans la rotonde du musée. Accompagné de Navid Navab à l’environnement sonore, un univers visuel et sonore inspiré du Printemps numérique est né.

Lors de ce lancement, j’ai eu l’occasion de parler avec les deux artistes et de voir les dessous de leur création. Personnellement passionnée par la technologie et l’utilisation de celle-ci dans un contexte immersif, laissez-moi vous introduire à cette belle œuvre qui marquait le lancement du Printemps numérique.

Avant tout, une petite présentation de Jérôme Delapierre et Navid Navab! Jérôme est un designer visuel et d’interaction. Il est aussi chercheur pour le Topological Media Lab. Ses recherches portent sur la relation entre l’homme et les nouvelles technologies ainsi que l’interactivité non linéaire en se basant sur l’étude des comportements sociaux urbains. Aussi, il explore la scénographie avec des techniques de projections éclectiques et interactives.

Navid Navab est un compositeur, improvisateur, programmeur et concepteur sonore qui a travaillé au cours des dernières années en créant des instruments médiatiques expressifs. Lui aussi a mené plusieurs recherches dans le Topological Media Lab. Intéressé par la poétique du geste, son travail explore la vie sociale des objets et l’enrichissement de leurs « qualités performatives embarqués » en utilisant gestes, rythmes et vibrations de la vie quotidienne.

Rendu à ce point de votre lecture, votre cerveau est peut-être en train de fondre, excepté pour les « Geeks » de ce monde qui « mangent » de ce sujet tous les jours; donc je vous explique en quoi la projection présentée au lancement était immersive et interactive.

Commençons avec le visuel projeté. Lorsque les invités arrivaient dans la fameuse rotonde, un univers visuel linéaire s’offrait à leurs yeux. Cet environnement a été possible grâce à la disposition de deux projecteurs installés au deuxième étage ainsi qu’un autre au plafond de la rotonde. Jérôme pouvait donc contrôler ceux-ci avec le logiciel VVVV et son propre code à partir de son ordinateur portable. C’est bien tout ça, mais j’entends votre petite voix qui se questionne : mais comment des projecteurs et un ordinateur peuvent créer ce genre de visuel progressif et immersif ? C’est pourtant si simple! (*Humour Geek*)

La rotonde du Musée d’art contemporain de Montréal
La rotonde du Musée d’art contemporain de Montréal

Tout d’abord, le visuel de fond était repris du code à barres du logo du Printemps numérique qui était couché à plat dans un univers généré par le code de Jérôme.

univers-visuel_Printemps-numérique

C’est un peu comme si une caméra voyageait en vol d’oiseau sur le code à barres du Printemps à l’infini. Ensuite, l’utilisation d’une caméra infrarouge permettait la détection des personnes dans l’espace.

Caméra infrarouge utilisée pour la détection des personnes dans l’espace de la rotonde.
Caméra infrarouge utilisée pour la détection des personnes dans l’espace de la rotonde.

Grâce à cette détection, Jérôme était en mesure de savoir exactement combien de personnes se situaient dans l’espace et ainsi apporter un effet d’interaction. Donc, selon le nombre de personnes présentes, la création de fines lignes apparaissait par-dessus le monde virtuel du code à barres. Plus il y avait de gens, ces lignes se connectaient entre-elles (on le voit très bien dans l’image de la rotonde). De plus, des cubes aux contours roses se déplaçaient dans un simulateur de collision en fonction du nombre de personnes qu’il y avait d’un côté ou de l’autre de la rotonde.

Jérôme-Delapierre_Printemps-numérique

Donc finalement, plus il y avait d’invités, plus il y avait de lignes qui s’entrecroisaient et plus les petits cubes roses se bousculaient dans le côté ayant le plus de gens.

L’environnement sonore de Navid Navab vient compléter le tout en plongeant les invités dans un univers transparent inspiré des « écologies naturelles telles que la forêt tropicale au crépuscule, les interactions matérielles et dynamiques d’une durée indéterminée au sein des structures complexes ». Pour vous permettre de bien situer l’ambiance, je vous invite à lancer la lecture de la pièce Quatuors à cordes de Luigo Nono au lien ci-présent:

[youtube id= »4b4a7rTwaQQ » width= »640″ height= »360″ autoplay= »no »]

Cette composition a également servi d’inspiration au créateur qui qualifie son environnement sonore de : « Dynamique, en constante évolution, imprévisible, infiniment riche, complexe, mais neutre et transparent ». C’est grâce à une musique, composée par Navid Navab sur Max/Msp, que nous avons été transportés de la forêt tropicale à une cabine pourrie grinçant dans la nuit jusqu’à des grincements de feuilles d’automne sous les pieds de passants.

Jérôme Delapierre et Navid Navab ont su faire entrer les invités dans un environnement qui représente à merveille le Printemps numérique : Un Printemps aux couleurs numériques sans pareilles!

 

Pour de l’information sur Jérôme Delapierre : http://www.jeromedelapierre.com

Pour de l’information sur Navid Navab : http://navidnavab.net

Pour de l’information sur le logiciel VVVV : http://vvvv.org

Pour en savoir plus sur le Topological Media Lab : http://topologicalmedialab.net