Lemieux-Pilon : artistes en perpétuelle émergence
La deuxième édition de l’éclatée Biennale internationale d’art numérique (BIAN) débute en grand avec la rétrospective du célèbre duo Lemieux-Pilon au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).
« Quand on se lève le matin, on doit être en émergence, sinon on va être mort, dit en riant Victor Pilon. On s’expose avec tous ces souvenirs! On découvre des choses qu’on avait oubliées, des liens entre nos spectacles. C’est un exercice de mémoire de retourner vers le passé, mais on n’est pas prêt d’arrêter! Je suis encore tourné vers le futur en création. »
Nathalie Bondil, directrice générale du MBAM, est heureuse d’accueillir ce labyrinthe de projections visuelles entre ses murs. Les œuvres-installations multidisciplinaires explorent la quatrième dimension. « On ne s’attend pas à de telles œuvres dans un musée encyclopédique, pourtant ça fait partie de notre mandat et de notre ADN avant-gardiste. Lemieux-Pilon sont de grands pionniers et ils continuent de l’être, même après 30 ans de carrière! Ils se sont inspirés de l’art visuel, ils innovent, explorent des pistes de création qui sortent des sentiers battus. C’est un formidable travail! »
La BIAN est de retour sous le thème original Physical/ité. Une cinquantaine d’artistes l’interprètent à leur façon, en mettant le corps du spectateur en interrelation avec l’œuvre, à rendre matériel l’immatériel et à visualiser l’invisible.
« J’espère que cet événement va pouvoir transmettre au grand public que l’art numérique existe et que de très bons artistes évoluent à Montréal, souligne Alain Thibault, directeur artistique de la BIAN. Il faut absolument que les gens impliqués du milieu politique en tiennent compte. Le projet de Montréal, ville intelligente, doit inclure la culture. Le numérique n’est pas un sous-genre. » Il rappelle que la métropole est la plaque tournante du numérique en Amérique du Nord, devançant Toronto et Vancouver. Il dénote aussi une grande synergie entre les artistes d’ici et ceux d’Europe et d’Asie du Sud-Ouest.
Michel Lemieux est très allumé par la programmation de la BIAN. « C’est une opportunité unique de découvrir ce qui se fait ici et ailleurs. Lorsque nous avons commencé, on utilisait l’analogique, notre travail au fur et à mesure a évolué vers le numérique, ce qui nous a permis de concevoir de véritables spectacles. La technologie doit servir à mieux communiquer, à créer une ouverture sur le monde et sur la diversité. »
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Selon Nathalie Bondil, le Printemps numérique, l’exposition Lemieux-Pilon et la BIAN propulsent le numérique au premier plan. « Ces événements complémentaires permettent d’atteindre toutes sortes de clientèle qui y trouveront leur compte! L’expérience est bonifiée pour tout le monde! L’art numérique d’aujourd’hui est l’art contemporain de demain, et l’art ancien du futur! C’est une ligne de temps défini », conclut-elle.
Territoires Oniriques 30 ans de production scénique au MBAM du 1er mai au 31 août 2014
BIAN Physical/ité 1er mai au 19 juin
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